Quel avenir pour les biocarburants ?

(Paris, le 2 novembre 2016)

 

Saviez-vous que tous les carburants distribués aujourd’hui en stations-service intègrent une part plus ou moins importante de biocarburant ?

Issus de la production et de la transformation de matières végétales telles que la betterave, les céréales ou le colza, les biocarburants se sont installés dans les réservoirs des automobilistes français.

Développés pour réduire la consommation des carburants d’origine fossile, ils font l’objet, en France, d’une recherche approfondie, et disposent d’une filière de production et de distribution à part entière.

Qu’est-ce qu’un biocarburant ?

Un biocarburant est un carburant produit à partir de matières végétales : la biomasse. Dans le domaine routier, il est principalement disponible sous deux formes : le bioéthanol et le biodiesel.
 

Le bioéthanol

En France, le bioéthanol est principalement produit à partir de la betterave à sucre ou de céréales telles que le blé et le maïs, ainsi que des résidus de leur transformation en sucre et amidon respectivement.

Le processus de transformation comprend trois étapes : la fermentation, la distillation et la déshydratation. L’éthanol ainsi produit est incorporé (sous forme pure ou sous la forme d’Ethyl Tertio Butyl Ether (ETBE) à l’essence d’origine fossile pour composer les essences commercialisées en stations-service : le Sans-plomb 95, le Sans-plomb 98, le Sans-plomb 95–E10 ou le Superéthanol-E85.
Les coproduits issus de cette transformation (drêches de céréales et pulpes de betteraves) sont quant à eux destinés à l’alimentation animale. La transformation de la betterave et des céréales produit donc à la fois de l’alimentation humaine, de l’alimentation animale et de l’énergie.

Le biodiesel

Le biodiesel est issu de la transformation de plantes riches en huiles, telles que le colza ou le tournesol. Le processus de fabrication est basé sur la « transestérification » des huiles végétales avec du méthanol. Le biocarburant ainsi produit est incorporé au gazole d’origine fossile. Le gazole communément vendu en stations-service intègre jusqu’à 7 % de biodiesel. Un autre type de gazole, appelé « B30 » (qui contient 30 % de biodiesel) est quant à lui réservé aux flottes captives de certaines compagnies d’autocars ou services d’autobus.

Les coproduits, des tourteaux riches en protéines végétales, sont, comme dans la filière du bioéthanol, exploités dans la filière de l’alimentation animale.

 

Source : IFPEN

 

> Découvrir les biocarburant de 3ème génération.

 

Sans-plomb 95, Sansplomb 98, Sans-plomb 95 E-10, Superéthanol-E85… quelles différences ?

En matière de carburants, le facteur « prix à la pompe » est, aux yeux des automobilistes, un élément de choix déterminant. Pourtant, les différences vont bien au-delà de ce facteur prix.
 

• Le SP95 est compatible avec tous les véhicules mis en circulation à partir de juillet 1991. Son indice d’octane est au minimum de 95, et son taux d’incorporation de bioéthanol pur est de 5 % maximum, auquel s’ajoutent 2,5 % sous forme d’ETBE, soit 7,5 % d’éthanol équivalent.

• Le SP98 est quant à lui compatible avec tous types de véhicule roulant à l’essence sans-plomb. Son indice d’octane est au minimum de 98. En France, le SP98 contient jusqu’à environ 15 % d’ETBE, soit 7,5 % d’éthanol équivalent.

• Le SP95-E10, commercialisé depuis avril 2009, se généralise peu à peu en France. Son indice d’octane est au minimum de 95, et le taux d’incorporation de bioéthanol pur est de 10 % maximum.En Europe, les voitures essence Euro 6 sont homologuées avec une essence contenant entre 9 % et 10 % d’éthanol. Il peut être utilisé par pratiquement tous les véhicules essence mis en circulation à partir de l’année 2000 (soit près de 95 % des véhicules roulants). La liste des véhicules compatibles avec le SP95-E10 est disponible sur le site www.E10.fr.

Rappelons que l’Etat a par ailleurs choisi, au 1er janvier 2016, d’abaisser la TICPE du SP95-E10 de 2 centimes/litre par rapport au SP95 et SP98, dans le but de favoriser le développement de cette essence sur le marché français. En 2016, le SP95-E10 est en moyenne moins cher de 4 à 5 centimes que le SP-95 dans la même station-service.

• Le Superéthanol-E85, lancé en 2006, occupe une place émergente en France. Son taux de bioéthanol est exceptionnel, puisqu’il est compris entre 65 % et 85 %. Avec un prix de vente moyen de 0,70 € au litre, le Superéthanol-E85 permet, selon le SNPAA (Syndicat national des producteurs d’alcool agricole), d’économiser environ 400 euros nets par an sur le budget carburant (pour 13 000 km par an, avec une consommation de 10 litres d’E85 pour 100 km et en tenant compte d’une consommation d’E85 supérieure de 25 % par rapport à l’essence). Pour les entreprises, la TVA est récupérable à hauteur de 80 %, comme pour le gazole. Par ailleurs, les véhicules fonctionnant à l’E85 sont considérés comme étant parmi les plus sobres, et ne sont à ce titre pas soumis aux restrictions de circulation lors de pics de pollution dans le cadre des systèmes de vignettes mis en place par certaines collectivités (dont Paris). Enfin ces véhicules bénéficient d’une carte grise gratuite ou à moitié prix. Malgré de nombreux atouts, cette essence reste relativement méconnue, et souffre d’un nombre restreint de modèles disponibles à la vente. En 2016, seuls deux modèles de véhicules flex-fuel sont disponibles à la vente (la Golf MultiFuel de VW et le Grand Cherokee FlexFuel de Jeep).

> En savoir plus sur le superéthanol-E85

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

• Le biocarburant est produit à partir de matières végétales. Il est disponible sous deux formes dans le domaine routier : le bioéthanol et le biodiesel.

• Le bioéthanol est incorporé à l’essence d’origine fossile pour composer les essences commercialisées en stations-service : le Sans-plomb 95, le Sans-plomb 98, le Sans-plomb 95–E10 ou le Superéthanol-E85.

• Le biodiesel est incorporé au gazole d’origine fossile (jusqu’à 7 % dans la majorité des cas et jusqu’à 30 % pour certaines flottes spécifiques d’autocars ou d’autobus.

 

A lire également :