Le concept de TCO

(Mis à jour le 18 juillet 2018)

La notion de coût d’usage d'un parc automobile

Aujourd'hui la notion de coût d'usage est la façon de compter pour les entreprises. Il y a encore peu, elles ne se posaient pas de questions. Elles achetaient et immobilisaient dans leur bilan les véhicules nécessaires à leur exploitation. Le prix catalogue remisé du véhicule représentait alors le principal critère de choix aux côtés des critères techniques. La démarche était identique, quelle que soit la taille et le secteur d'activité de l'entreprise.

Ce seul critère du prix est vite devenu insuffisant et les entreprises ont commencé à prendre en compte les coûts d’entretien courants, la consommation, la fiscalité et la valeur de revente. Cette notion de coût d’usage ou TCO en anglais (Total Cost of Ownership) a été confortée par l’explosion de la location longue durée, d’abord au sein des grandes entreprises, puis peu à peu au sein des flottes publiques, des PME et dans une moindre mesure des TPE. En effet, par construction, un loueur de véhicules en longue durée facture à son client le coût d’usage d’un véhicule, notamment la dépréciation du véhicule, les frais financiers, les coûts d’entretien et parfois l’assurance. Cette notion de coût d’usage a commencé à s’étendre parmi les gestionnaires de grandes flottes. Ceux-ci se sont mis à choisir leurs véhicules en fonction des coûts d’usage comparés de véhicules adaptés aux besoins de leur exploitation. Cette notion de coût d’usage est tout d’abord prédictive ; elle permet de calculer un coût d’usage prévisionnel du véhicule en fonction d’éléments connus ou évalués au départ1. En revanche, elle ne prend en compte ni l’influence de la conduite du conducteur sur les coûts, ni les frais de gestion administrative d’une flotte.

C’est pourquoi il ne faut pas parler du TCO, mais de trois TCO + le TCM : le TCO véhicule, le TCO conducteur, le TCO flotte, auxquels s’ajoute le TCM ou coût total de la mobilité.

 

 

Le TCO véhicule concerne, comme son nom l’indique, le seul véhicule. Le TCO conducteur dépend à la fois de facteurs humains et de décisions de management de l’entreprise, son importance est grande et peut augmenter le coût d’usage d’un véhicule de 20 à 50 %, parfois davantage. Le TCO conducteur est malheureusement encore trop ignoré. Enfin, l’évaluation du TCO flotte est fonction de la taille de la flotte et de l’organisation administrative de l’entreprise. Le TCM, quant à lui, va beaucoup plus loin et intègre l’ensemble des dépenses de mobilité nécessaires aux déplacements des collaborateurs.

Le TCO véhicule

Les entreprises doivent d’abord déterminer les caractéristiques du véhicule qui convient le mieux aux besoins de leur exploitation (véhicule particulier ou véhicule utilitaire), de nombreux leviers permettent d’agir sur ce TCO prédictif :

  • Le prix d’achat bien sûr, qui est en fait le prix négocié du véhicule : les constructeurs ne manquent pas d’imagination pour attirer les clients avec des conditions commerciales alléchantes, qui parfois d’ailleurs compensent la faible tenue de la valeur du véhicule dans le temps.
  • Les frais financiers supportés pour disposer d’un véhicule. Les frais financiers sont toujours présents sous une forme ou sous une autre, que le véhicule ait été acheté au comptant (coût d’opportunité), à crédit ou même loué (frais financiers).
  • La valeur prévisible de revente à la fin de la période d’utilisation envisagée, appelée encore valeur résiduelle. La tenue de cette valeur résiduelle dans le temps dépend beaucoup de l’image de la marque, de la réputation du modèle, ainsi que de la politique commerciale du constructeur, qui feront que tel véhicule sera plus ou moins demandé sur le marché du véhicule d’occasion.
  • La consommation. Les normes de calcul actuelles (normes NEDC) permettent de comparer à la fois les consommations et les émissions de CO2 des véhicules. Certes, ces normes mettent généralement en avant des valeurs très en deçà de la réalité de la conduite quotidienneA compter du 1er septembre 2018, le nouveau protocole d’homologation WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure) s’appliquera à tous les nouveaux véhicules commercialisés. Il sera associé à un second protocole baptisé RDE (Real Driving Emissions) , qui effectuera en conditions réelles de circulation les tests et mesures d’homologation, avec à la clé des résultats de consommation et d’émissions plus proches de la réalité.
  • Les coûts d’entretien vont dépendre de la conception du véhicule et de la qualité de ses composants. Ils peuvent varier très fortement dans le temps et grever de façon significative le coût total d’exploitation. Il en est de même pour les pneumatiques.
  • La fiscalité et les charges sociales sur les avantages en nature peuvent représenter 20 à 30 % du TCO des véhicules particuliers. Si les véhicules utilitaires bénéficient d’une fiscalité de droit commun (TVA récupérable sur l’achat, sur les frais d’entretien, sur les loyers), il n’en est pas de même des véhicules particuliers, surtout si ceux-ci sont utilisés à des fins personnelles par les collaborateurs des entreprises et des acteurs publics. Taxe annuelle sur les Véhicules de Sociétés (TVS) calculée en fonction du taux d’émission de CO2 des voitures, Amortissements Non Déductibles (AND) exigibles annuellement pour les voitures particulières d’un prix supérieur  à certains plafonds, charges sociales patronales sur les Avantages En Nature (AEN), calculés eux aussi annuellement, le plus souvent en appliquant un coefficient forfaitaire sur le prix de la voiture. 

 

                                                         Source : TCO Scope 2018 

La partie fiscale représente plus de 20 % en moyenne, ce pourcentage traduit en réalité des différences fortes selon les segments. Le tableau ci-après illustre le poids mensuel de cette fiscalité sur différents modèles de véhicules pour une durée de 48 mois. Les écarts entre les véhicules sont impressionnants Les écarts entre les véhicules sont impressionnants : ils s’échelonnent de 15 euros par mois pour une Toyota Yaris Hybrid 1.5 VVT-I Business 208, qui émet 75 g de CO2/km et qui n’est soumise à aucun malus, à 934 euros par mois pour une BMW X6 xDrive30d Lounge, qui émet 183 g de CO2/km et qui est sous le coup d’un malus de 7 890 euros à l’achat.


 

Le TCO conducteur

Le comportement du conducteur au volant n’affecte pas uniquement la consommation, mais aussi l’entretien, la sinistralité et donc les primes d’assurance et les frais de remise en état. Le « TCO conducteur » peut ainsi majorer de 20 à 50 %, parfois plus encore, le « TCO véhicule ». Pour le maîtriser, différents leviers existent, notamment un suivi serré des conducteurs, la remontée des informations relatives au kilométrage ou à la consommation, la mise à disposition d’une carte carburant, la formation à l’écoconduite et à la prévention des risques routiers.

Le graphique ci-dessous montre les types de coûts d’un TCO véhicule qui peuvent être influencés par la façon de conduire du conducteur. Presque tous les coûts sont sensibles à cette façon de conduire. Évidemment, le niveau des frais financiers ou de la fiscalité est insensible au comportement du conducteur.

Pour réduire ce TCO conducteur, les responsables de ressources humaines et les chefs de parcs devront agir sur le conducteur directement par le biais d’actions de sensibilisation et de formation à l’écoconduite notamment. 

 

Le TCO flotte

Le « TCO flotte » intègre notamment les coûts administratifs et les coûts de gestion de la flotte, ainsi que le temps et l’organisation qui lui sont consacrés comme le temps consacré aux commandes, immatriculations, livraisons, restitutions. Or, acheter, entretenir puis revendre prend du temps.

Une enquête réalisée par le SNLVLD (Syndicat national des loueurs de voitures en longue durée) en juin 2015, chiffre à 58 heures par véhicule et par an, le coût de cette gestion.

Le TCM ou coût total de la mobilité

Dernier né des TCO, le TCM (Total Cost of Mobility) s’intéresse au déplacement global des collaborateurs et pas seulement à leur mobilité automobile. L’un de ses intérêts est de rapprocher divers coûts jusqu’ici éparpillés (billets d’avion, trajets en taxis, location de deux roues, coût du stationnement des visiteurs, etc.) et de les intégrer dans une réflexion et un suivi plus large.

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1. Le vrai coût d’usage pourra être calculé à la fin de la période de détention du véhicule une fois tous les coûts connus.