L'électrique : une énergie encore peu développée en entreprise

(Paris, le 2 novembre 2016)

 

En 2025, d’après un livre blanc publié fin 2015 par la société d’information automobile Jato, le marché mondial du véhicule électrique pourrait atteindre 5,5 millions d’unités. La Chine représenterait à elle seule la moitié du marché.

Fiction ou réalité ? La fin annoncée du « tout-pétrole » explique bien sûr cette explosion potentielle, tout comme les problèmes environnementaux et sanitaires, qui obligent les pouvoirs publics à trouver des mobilités propres pour circuler, notamment dans les agglomérations. La conquête de l’électricité passera-t-elle par l’entreprise ? Aujourd’hui non, compte tenu des spécificités des déplacements professionnels.

Demain, peut-être, mais à condition que le modèle électrique améliore son autonomie et ses coûts d’usage.

L'autonomie : une problématique importante pour les entreprises

L’un des principaux freins à une adoption massive des véhicules électriques par les entreprises reste à ce jour leur autonomie limitée. A l’exception de Tesla qui avance 450 kilomètres de rayon d’action pour son Model S, dont le prix et l’image ostentatoire le disqualifient pour la plupart des utilisations en entreprise, les véhicules électriques peuvent parcourir entre 100 et 180 km.
Seules quelques nouveautés dépassaient jusqu’alors ce seuil. C’est le cas de la nouvelle Nissan Leaf annoncée à 200 km d’autonomie. Quant à la nouvelle BMW i3, elle embarque un accumulateur qui augmente son autonomie de moitié pour atteindre les 300 km.

Cette offre devrait toutefois s’étoffer dans les années à venir, avec des autonomies plus grandes. Les annonces des constructeurs se sont succédées, notamment au Mondial de l’Automobile de Paris. La nouvelle Renault Zoé a ainsi affiché ses ambitions avec une autonomie annoncée de 400 km (300 km en autonomie réelle, contre 150 km jusqu’alors). Volkswagen veut lancer plus de 30 nouveaux véhicules électriques entre 2016 et 2025. Idem chez Volvo, dont le modèle 100 % électrique annoncé pour 2019 affichera 480 km d’autonomie.

De son côté, le groupe PSA a programmé de commercialiser quatre nouveaux véhicules électriques sous les marques DS, Peugeot et Citroën entre 2019 et 2021 avec une autonomie pouvant atteindre pour certains jusqu’à 450 km. Mercedes a présenté quant à lui un véhicule électrique dont l’autonomie atteint 500 km et qui sera commercialisé avant la fin de la décennie. Cette autonomie serait alors sans équivalent sur le marché, à l’exception des modèles proposés par l’américain Tesla. La marque propriété du milliardaire américain, Elon Musk, pourrait encore creuser les écarts avec la concurrence, puisque la nouvelle version de la Tesla Model S P100D, équipée d’une batterie de 100kWh, revendique une autonomie record de 613 kilomètres.

Le marché du véhicule électrique en entreprise

Sur le marché des entreprises, les immatriculation sont en hausse de 40,2 % à fin octobre 2016, sur dix mois (7648 unités, VP + VU). On note que la progression est encore plus marquée sur les véhicules particuliers (+47,6 % et 3 6015 immatriculations).

Bien que ces performances soient importantes, il n'en reste pas moins que la part des immatriculations en électrique reste relativement modeste sur l'ensemble des immatriculations, puisque celle-ci n'est que de 1,20 % à fin octobre 2016.

 

CE QU'IL FAUT RETENIR

  • L’un des principaux freins à une adoption massive des véhicules électriques par les entreprises reste à ce jour leur autonomie limitée (entre 100 et 180 km).
  • L’offre devrait s’étoffer dans les prochaines années, avec des autonomies qui avoisineraient les 500, voire 600 km dans le cas de Tesla.
  • A partir de 2017, la mise en place du WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicle Test Procedure), nouveau protocole de test, devrait permettre d’afficher des données plus fidèles à la réalité.
  • Le prix de la batterie représente entre un tiers et 40 % du prix total d’un véhicule électrique. Certains constructeurs (comme Renault) proposent des offres de location des batteries sur des durées et des kilométrages prédéfinis.
  • Certains observateurs estiment que le coût des batteries pourrait être divisé par deux d’ici 2020. Il a été divisé par trois depuis 2010.
  • Pour la recharge dite « normale » ou « standard » et avec une puissance de 3 kW, le ravitaillement se fait à domicile sur une prise classique ou une installation murale (une wall box), en 7 à 8 heures.
  • Pour les charges plus rapides deux solutions ont été retenues, qui demandent des puissances de 22 kW pour la recharge normale accélérée (en une à deux heures) et 43 kW pour la recharge rapide (en 20 à 30 minutes).

 

 

TEMOIGNAGE

José Da Silva, directeur de l’Intermarché de Jarnac, partage son expérience sur l'introduction de véhicules électriques au sein de sa flotte.

Quel était votre objectif initial en déployant une flotte de véhicules électriques et notamment la Tesla ?
Nous souhaitions savoir s’il était possible de rouler en électrique tout en parcourant beaucoup de kilomètres (environ 30 000 km/an).
Pour ce qui est des véhicules électriques destinés à la location des particuliers, nos objectifs étaient de faire connaître la technologie et de proposer une offre complémentaire aux véhicules thermiques.

Avez-vous rencontré des freins au déploiement des VE ?

Le modèle économique d’un véhicule électrique n’est pas encore rentable pour le marché des entreprises, notamment l’offre qui inclut un coût mensuel pour la location de la batterie.
Il réside une inquiétude majeure, celle de tomber en panne et de ne pas pouvoir charger son véhicule n’importe où. Le maillage insuffisant des bornes et le problème de l’accès aux bornes sont des freins à la bonne utilisation des véhicules électriques.

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