"Zéro mort" sur les routes: un objectif réalisable?

(Paris, le 13 juillet 2016)

Google avait déjà connu quelques déboires en février dernier, quand une de ses voitures (une Lexus transformée) a percuté un bus à basse vitesse, à Mountain View en Californie, alors qu’elle roulait en mode autonome. Une première, puisque les collisions mentionnées dans les rapports mensuels impliquent généralement d’autres véhicules. Pour autant, les développements se poursuivent avec plus de 1,7 million de miles parcourus en mode autonome et 15 000 km de plus chaque semaine. La flotte de Google, qui compte un peu plus d’une cinquantaine de véhicules, devrait s’étoffer d’ici la fin de l’année grâce au partenariat avec Fiat-Chrysler.

Chez Tesla, il apparaît que la Model S équipée de l’Auto Pilot n’a pas détecté un camion de couleur blanche qui tournait à la perpendiculaire sur une route à double voie. Détail aggravant : le conducteur (qui avait pris l’habitude de faire des selfies au volant) regardait apparemment une vidéo en roulant. Le fait est qu’une mise à jour (8.0) doit justement faire évoluer le système, en permettant au conducteur de voir tous les véhicules qui l'entourent sur l’écran de bord.

Dans ces deux cas, il apparaît que le danger n’a pas été bien identifié et que la voiture n’a pas réagi comme elle aurait dû. Pour un expert comme Jean-Marc Blosseville, qui a travaillé pendant des années sur les aides à la conduite au sein de l’IFSTTAR, cela prouve qu’il faut encore améliorer les capteurs qui ne sont efficaces qu’à basse vitesse.

Pour le moment, même si les acteurs de la Silicon Valley veulent aller plus vite que les autres, la technologie ne permet pas encore de rouler en mode 100 % autonome. Il faut d’autre part mieux former les conducteurs, en les sensibilisant aux limites de leur véhicule.

Pour autant, de plus en plus d’acteurs évoquent la possibilité d’atteindre le zéro mort sur les routes. C’est ce que disent déjà Volvo (pour ses modèles qui sortiront en 2020), mais aussi Toyota, Mercedes et Nissan qui développent des voitures intelligentes. Plus récemment, Continental a pris la parole pour afficher cet objectif. L’équipementier s’appuie sur la qualité de ses pneus, mais aussi sur tous les systèmes d’aide à la conduite (radars, laser, caméras, affichage tête haute) et de connectivité (GPS, liaisons sans fil) qu’il délivre aux constructeurs. Le groupe estime que la technologie peut pallier les erreurs de l’être humain (à l’origine de 90 % des accidents).

Mais, ce travail ne peut se faire seul. C’est aussi en travaillant sur la formation des conducteurs et sur l’entretien et l’aménagement des infrastructures qu’on pourra atteindre un tel objectif.