Volkswagen a-t-il triché sur le diesel propre aux Etats-Unis ?

 

Le groupe VW est accusé par l’agence de l’environnement fédérale (EPA) et celle de Californie (CARB) d’avoir utilisé un système pour détecter les contrôles anti-pollution et rendre momentanément le moteur de ses modèles diesel conforme aux règles en vigueur. Un logiciel très sophistiqué qui ne rend les voitures propres que le temps des contrôles.

L’affaire est grave. L’EPA et le CARB ont adressé à la filiale US de Volkswagen un courrier lui reprochant d’avoir violé les règles. Selon les termes de la notification, des véhicules de marques Audi (A3) et VW (Beetle, Golf, Jetta, Passat) utiliseraient depuis le millésime 2009 sur les versions diesel à moteur 2 L des systèmes destinés à tromper (defeat devices) les appareils de contrôle antipollution. Le logiciel détecte les mesures et envoie l’information au système de traitement des émissions, afin de le « réveiller » et de baisser le niveau des oxydes d’azote (NOx). Juste le temps du contrôle antipollution.

Cela veut donc dire qu’en temps normal, les systèmes antipollution de ces véhicules seraient volontairement inopérants. Ils rejetteraient alors 40 fois plus d’émissions.

La tricherie, si elle est avérée, a de quoi causer un énorme scandale. Car, il ne s’agit pas ici de jouer sur le CO2 pour réduire artificiellement le niveau, mais sur les rejets d’un des polluants les plus nocifs de la motorisation diesel. Et les impacts concernant la santé publique.
Volkswagen n’a pas tardé à réagir, directement par la voix du grand patron, Martin Winterkorn. Lequel dit prendre ces accusations très au sérieux. Il présente ses excuses et annonce dans la foulée une enquête. Le groupe dit ne pas tolérer les entorses à la loi. Il s’engage à tout faire pour remédier aux dommages causés par cette affaire.

VW entend coopérer avec les agences environnementales. Tout cela va sans doute se concrétiser par un procès avec une amende record à la clé. On parle de 18 milliards de dollars. Le groupe est riche et pourra payer l’addition. Mais, les dommages collatéraux risquent d’être considérables. Il y aura un problème de confiance, par rapport aux consommateurs. Et cela va finalement nuire au diesel propre, sur lequel misaient, non seulement les constructeurs germaniques aux USA, mais aussi un groupe comme PSA et des équipementiers comme Bosch pour relancer ce type de motorisation. La Commission Européenne pourrait avoir à son tour envie de lancer une enquête.

Le plus incroyable est que ce soit un constructeur allemand, et qui plus est le plus important au monde, qui se soit livré à ce stratagème. On aurait voulu tuer le diesel qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Rudolf Diesel doit se retourner dans sa tombe.