Véhicule autonome: où en sont PSA et Renault?

 

(Paris, le 17 mars 2017)

Le salon de Genève a été l’occasion pour les deux constructeurs français de prendre la parole sur l’automatisation de la conduite. Chacun à leur façon, et pas avec les mêmes partenaires.

. Des prototypes sur route ouverte

PSA aime rappeler qu’il a été le premier constructeur en France à décrocher des autorisations pour faire rouler ses prototypes sur route ouverte. Sa flotte a totalisé 120 000 km à ce jour. L’un des C4 Picasso utilisés dans le cadre de ces tests était d'ailleurs exposé fièrement sur le stand Citroën. Mais, le groupe prépare déjà le coup d’après. Il a d’abord décidé d’utiliser un nom générique pour son approche sur le véhicule autonome qui se résume par trois lettres : AVA (Autonomous Vehicles for All). Ensuite, il s’apprête à ouvrir les tests à des panels de clients (pas exactement des clients lambda, mais des early adopters présélectionnés), ainsi qu’à des collaborateurs de l’entreprise. PSA a bien plus de candidats qu’il n’en faut. Chez Renault, on dispose aussi de prototypes sur la base du dernier Espace, qui roulent en France et ailleurs. Pour sa part, Nissan a débuté dès 2013 les tests de la Leaf autonome, qui roule aussi aux Etats-Unis et qui a fait des tests récemment près de Londres.

. La roadmap

La vision de PSA repose sur 4 vagues (hands on, hands off, eyes off, mind off) de technologies. La première est déjà appliquée sur le 3008/5008 et des utilitaires qui proposent un régulateur de vitesse, l’alerte de dérive et le freinage automatique. La seconde sera inaugurée en 2018, lors de la sortie du DS7 Crossback qui va intégrer la gestion des bouchons à basse vitesse (Highway Integrated Assist), le parking entièrement automatique (City Park 4), la détection d’inattention et la vision de nuit. La troisième vague arrivera en 2021, sur les remplaçantes de la 308 et de la DS4 avec une automatisation plus poussée sur autoroute avec le Highway Automated Driving et le Traffic Jam Chauffeur. Ce n’est qu’en 2023, au plus tôt que la 4ème vague fera son apparition avec une carte en haute définition et des fonctions permettant au conducteur de faire tout autre chose que de surveiller la route. L’un des prototypes du groupe répond déjà ce cahier des charges.

Côté Renault, la feuille de route est commune à Nissan. Depuis 2016, le Serena est le premier modèle de l'Alliance à soulager le conducteur dans le trafic, avec des spécifications adaptées au Japon. Il sera suivi notamment par le Qashqai, qui vient d’être présenté à Genève. Et comme cela a déjà été annoncé, le système Propilot évoluera avec les changements de file en 2018 sur l'autoroute et la gestion des intersections en milieu urbain en 2020. A noter que la marque Infiniti annonce pour 2019 un système quasi-autonome sur la Q50. Renault n’a pas encore annoncé les modèles qui bénéficieront de ces technologies.

. Les partenariats

PSA met en avant  des équipementiers classiques au niveau des capteurs (Bosch, ZF-TRW, Valeo), mais aussi un acteur de l’aéronautique (Safran) et un centre espagnol (CTAG : Centre Technologique de l'Automobile de Galice), avec lequel il travaille sur la communication. Le groupe partage aussi d’autres partenariats communs à Renault, comme l’institut VEDECOM sur la recherche avancée à Versailles et l’IRT SystemX pour l’architecture électronique et la cybersécurité.

En ce qui concerne Renault-Nissan, le partenariat le plus récent a été conclu avec Transdev. Avec l’opérateur de transport public, les deux constructeurs vont développer un  système de transport à la demande de véhicules autonomes. La recherche portera dans un premier temps sur des essais de terrain à Paris-Saclay avec des Renault ZOE, le véhicule électrique le plus vendu en Europe, et la plateforme de répartition à la demande, de supervision et de routage élaborée par Transdev. Il faut savoir que Nissan a en parallèle d’autres partenariats : l’un avec DeNa (une entreprise japonaise de l’Internet) pour un concept similaire de transport à la demande, et un autre avec la NASA pour superviser par des opérateurs humains les difficultés rencontrées sur le terrain par les véhicules autonomes.

A noter que PSA a déclaré s’intéresser aux navettes sans chauffeur. Il est encore trop tôt pour que le groupe puisse préciser sa stratégie en la matière.