L'intelligence artificielle, nouveau challenge des constructeurs

(Paris, le 23 novembre 2016)

L’IA (AI en anglais) serait-elle le Grâal à atteindre pour les constructeurs automobiles ? En tout cas, ils sont quelques-uns à investir dans ce domaine. Le plus en pointe est clairement Toyota, qui a dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars pour monter des labos communs avec l’Université de Stanford, le MIT et dernièrement l’Université du Michigan. C’est une première pour un industriel de l’automobile. Honda y travaille aussi, avec une IA appliquée au langage. Les efforts portent sur la compréhension des mots, en fonction de la prononciation, par un logiciel avancé, de façon à permettre au conducteur de piloter à la voix certaines fonctions et éviter ainsi d’aller fouiller dans des menus toujours plus complexes sur l’écran de bord.

En vérité, toute l’industrie est en veille sur le sujet et noue des coopérations avec des universités. Par exemple, l'équipementier allemand Continental coopère avec l’Université d’Oxford dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment en vue d’améliorer ses connaissances pour la conduite autonome. L’intelligence artificielle permettra également à Conti d’améliorer ses systèmes d’alerte, en vue de réduire le nombre d’accidents. Elle jouera également un rôle important dans la connectivité des véhicules. En partenariat avec l’université britannique, Continental veut ainsi optimiser les algorithmes de « Deep Learning » (apprentissage profond), afin d’améliorer la reconnaissance des objets et de favoriser le dialogue entre humains et machines.

Pour sa part, un sous-traitant comme nVidia intègre l’intelligence artificielle directement dans sa plateforme PX Drive 2, qui fait de la fusion intelligente de données et fournit des acteurs comme Tesla, Volvo, mais aussi Audi et même de nouveaux entrants comme Baidu. Cet acteur américain a créé un véritable écosystème avec des universités et des start-up. IBM inaugure aussi l’IA avec l’arrivée de Watson, un assistant intelligent qui va mémoriser les habitudes des conducteurs de véhicules GM dès 2017, pour leur faire des suggestions adaptées. Il va par exemple éviter les zones embouteillées quand le réservoir est presque à sec.

Pour gagner du temps, d’autres débauchent des experts. C’est le cas de Volkswagen qui a débauché l’une des sommités en Europe, le Dr Patrick de Smagt, qui était encore il y a peu professeur à l’Université Technique de Munich.