Le covoiturage avance à petits pas en entreprise

(Paris, le 17 juillet 2017)

Si le covoiturage a bien pris ses marques auprès des particuliers pour leurs longs trajets, l'offre sur les trajets domicile-travail connaît un développement plus lent. 

Pourtant, la loi pourrait voler à son secours. L'article 51 de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 prévoit que dans le périmètre d'un plan de déplacements urbains, toutes les entreprises regroupant plus de 100 salariés sur un même site, doivent élaborer un plan de déplacement d'ici le 1er janvier 2018. Il y a fort à parier que le recours au covoiturage fera partie de la boîte à outil des entreprises, comme d'autres formes de déplacements d'ailleurs. 

Plusieurs opérateurs ont d'ores et déjà investi ce créneau, synonyme de réduction des embouteillages et de lutte contre la pollution. Créée en 2014 par Olivier Binet et Tristant Croiset, Karos est une application mobile gratuite de "court-voiturage" domicile-travail combinant covoiturage et utilisation des transports en commun. En Ile de France, grâce à son partenariat avec le STIF (et l'utilisation du pass Navigo) le réseau de court-voiturage déployé par Karos offre 1 200 000 km de réseau additionnel instantané de transport à plus de 55 000 utilisateurs, avec un gain de temps évalué à 20 minutes par trajet.

Avec son offre d'entreprise, Karos veut transformer les sièges libres disponibles dans les voitures des salariés en un véritable réseau de transport additionnel. Sa stratégie a d'ores et déjà conquis le département de l'Essonne, le ministère des Finances (pour ses 13 000 collaborateurs) ou encore le parc d'activité de Rungis et ses 18 000 salariés. 

Sur le même modèle de covoiturage domicile-travail, Wayzup est une application mobile fondée en 2012 par Julien Honnart et Cyrille Courtère. La start-up déploie sa stratégie de développement en mutlipliant les alliances avec les grands groupes. Son modèle intéresse d'ailleurs la RATP qui vient de participer à une levée de fonds de 1,4 million d'euros aux côtés de l'accélérateur de startup Via ID de Mobivia, maison-mère de Midas et Norauto.

Parmi ses clients, Wayzup revendique aujourd'hui 1/4 des entreprises du CAC 40 avec notamment le technocentre de Renault - soit plus de 10 000 collaborateurs sur une zone mal desservies par les transports en commun à Saint-Quentin-en-Yvelines - et d'autres entreprises telles que Vinci, Danone ou Veolia. Selon WayzUp, environ 30 % de ses utilisateurs sont des usagers des transports en commun et 70 % sont des automobilistes. Le recours au covoiturage peut faire gagner jusqu’à 1h30 de trajet par jour et permettre d'économiser jusqu’à 2000 € par an au conducteur, estime WayzUp, qui a pour objectif de conquérir une centaine d'entreprises à la fin de l'année, contre 60 aujourd'hui.

Même Blablacar, poussé par son fondateur Frédéric Mazzella, entend désormais investir ce marché prometteur avec son offre Blablalines. Une application mobile gratuite de trajets quotidiens sur des lignes de covoiturages organisées. L'offre est aujourd'hui testée sur les axes Reims-Châlons-en-Champagne et Toulouse-Montauban, avant d'être élargie sur toute la France courant 2018, si les résultats sont probants. Cette nouvelle offre confirme bien la volonté du leader du covoiturage "longues distances" pour particuliers, de repartir à l'offensive sur un marché au potentiel encore plus grand.