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Hausse de la mortalité sur les routes: dix conseils pour améliorer la sécurité en entreprise

(Paris, le 7 octobre 2016)

 

Chaque année, la France enregistre plus de 3 000 morts sur ses routes, et plus de 70 000 blessés. Les chiffres communiqués le 7 octobre par l'Office national interministériel de la sécurité routière pour le mois de septembre prouvent d'aileurs que rien n'est jamais totalement gagné en matière de lutte contre la mort au volant: le nombre morts sur les routes a en effet bondi de 30,4 % en septembre 2016, avec 355 personnes tuées, soit 78 de plus qu'en septembre 2015.

Le risque routier représente même la première cause d’accident mortel au travail. Un constat dramatique face auquel de nombreuses entreprises se mobilisent. Car les préjudices de ces accidents sont tout autant humains, sociaux, qu’économiques. L’accident d’un salarié ajoute souvent pour l’entreprise de multiples contraintes : obligation de recruter (ou de réorganiser les équipes), nécessité former un nouveau collaborateur, surcharge de travail liée à la prise charge du sinistre, etc… Pour les entreprises les plus fragiles, c’est la survie même de l’activité qui peut être en jeu.

L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise revient sur les dix règles essentielles pour prendre la route en toute sécurité.

Côté conducteurs :

  • Limiter l’usage des communications mobiles. Le téléphone, la messagerie SMS, le GPS et autres outils de communication sont communément utilisés dans le cadre des déplacements professionnels. Ils représentent pourtant un réel danger dans le cadre routier. Le Code de la route est d’ailleurs explicite en ce domaine, puisque la manipulation manuelle du téléphone est sanctionnée d’un retrait de 3 points du permis et d’une amende de 135 €. Seuls sont autorisés l’usage du haut-parleur du téléphone, ou les dispositifs Bluetooth intégrés au véhicule.
  • Limiter la consommation d’alcool. En matière de conduite alcoolisée dans le cadre professionnel, la jurisprudence démontre que la responsabilité du chef d’entreprise, voire même des collègues, pourrait être recherchée dans certains cas. En effet, le Code pénal prévoit (article 121-7) « qu’est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui a sciemment, par aide ou assistance, facilité la préparation ou la consommation ». A ce titre, le seul fait de prêter sa voiture ou de laisser conduire une personne alcoolisée peut tomber, par exemple, sous le coup de la complicité.
  • Utiliser les outils de sécurité active et passive : les innovations technologiques en matière de sécurité se multiplient (comme le régulateur de vitesse ou l’avertisseur d’endormissement) et leur utilisation est recommandée. A condition de commencer par le port systématique de la ceinture de sécurité ! A noter qu’en matière d’innovations, la présence d’un système d’appel d’urgence baptisé « E-call » équipera obligatoirement tous les véhicules neufs à compter de 2018.
  • Vérifier l’état de son véhicule, et signaler toute anomalie à son entreprise. Contrôler l’intégrité physique de son véhicule, surveiller son comportement à la route et le gonflage des pneux, sont de bons réflexes. Sans oublier de veiller à l’arrimage des charges lors du chargement. En cas de choc frontal à 50 km/h, un objet de 2,5 kg se transforme en une masse équivalente à 250 kg !
  • Respecter les limitations de vitesse et les temps de repos. Le respect des règles élémentaires de sécurité vont de soi. Mais les contraintes imposées par l’activité professionnelle prennent souvent le pas sur le respect des temps de repos. Une pause au moins toute les deux heures est donc à privilégier, quelles que soient les circonstances.

Côté entreprises, la mise en place d’une politique de prévention des risques routiers est vivement encouragée par les organismes publics de prévention. Cette politique peut être définie à l’issue d’un processus en trois étapes : un engagement de l’entreprise en faveur de la prévention des risques routier, la réalisation d’un diagnostic, et la mise en place d’un plan d’actions. Ces politiques de prévention reposent généralement sur les actions suivantes :

  • Optimiser les déplacements. Une bonne gestion des déplacements professionnels permet de réduire le temps passé sur la route, et donc de limiter l’exposition au risque. La mise à disposition d’un parc de véhicules en autopartage, ou l’implémentation d’un dispositif télématique sont quelques exemples d’innovations intéressantes dans ce domaine. Sans oublier les voyages en train. Il est aussi possible d’éviter certains déplacements en encourageant les échanges par téléphone ou par visioconférence.
  • Bien choisir ses véhicules. Prospections commerciales, tournées, livraisons : le choix d’un véhicule adapté aux missions est essentiel. Tout comme l’équipement (tels que l’ABS, les airbags, les limiteurs de vitesse, la climatisation…). Si les véhicules particuliers commencent à être bien dotés, les véhicules utilitaires légers restent encore souvent sous-équipés : 60 % d’entre eux n’ont pas d’ABS, 30 % n’ont pas d’airbag conducteur, et 50 % d’entre eux ont plus de 11 ans.
  • Entretenir sa flotte. L’entreprise ne doit pas négliger l’entretien de ses véhicules. La mise en place d’un plan de maintenance, et d’un carnet d’entretien pour chaque véhicule permet souvent d’anticiper les éventuels problèmes. Par ailleurs, les contrats d’entretien peuvent être une solution de tranquillité, tout comme le choix de la location longue durée, qui garantit la mise à disposition de véhicules récents, et un programme d’entretien régulier.
  • Instaurer un protocole de communication. L’entreprise doit encadrer l’utilisation du téléphone portable lors des déplacements professionnels, en formalisant les règles dans un document connu du salarié, qui précisera dans quelles circonstances celui-ci pourra utiliser son téléphone (renvoi automatique, ou passage des appels lorsque le véhicule est à l’arrêt par exemple). En cas d’accident d’un collaborateur en mission, le chef d’entreprise pourrait être mis en cause en l’absence d’un tel protocole.
  • Sensibiliser et développer les compétences des collaborateurs. Se déplacer dans le cadre professionnel requiert des connaissances et des compétences que l’entreprise peut décider de développer par le biais de formations et de programmes de sensibilisation. Les formations sont généralement très bénéfiques, en particulier lorsqu’elle intègre une partie pratique. Quelques exemples de formation : l’éco-conduite, la réglementation, les gestes de premiers-secours, le rappel des effets de la vitesse et de la fatigue, etc… Au registre des programmes de sensibilisation, les exemples d'initiatives sont nombreux : citons ici les campagnes de communication, les serious game, ou encore les table-rondes.

 

 

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Voiture autonome: les partenariats s'accélèrent

(Paris, mis à jour le 20 septembre 2016)

L’actualité a été très riche cet été sur le véhicule autonome. L'Observatoire du véhicule d'entreprise a recensé les principales annonces, pour tous ceux qui auraient relâché leur attention pendant cette période, mais que le sujet intéresse.

  • Expérimentation sur route ouverte

Début août, le gouvernement français a publié une ordonnance pour faciliter les expérimentations des véhicules autonomes. C’est une disposition prévue dans l’article 37 de la loi de transition énergétique. Elle vise à « permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite, qu'il s'agisse de voitures particulières, de véhicules de transport de marchandises ou de véhicules de transport de personnes, à des fins expérimentales, dans des conditions assurant la sécurité de tous les usagers [...] ». Même si des dérogations étaient déjà accordées depuis un an, le gouvernement a donc fixé un cadre juridique adéquat. "Cette notion servira de fondation à la construction d'un cadre réglementaire stable", a d'ailleurs précisé le gouvernement.

Aux Etats-Unis, l'administration Obama s'est aussi penchée sur la question de la voiture autonome. Mi-septembre, elle a présenté "un guide de bonnes pratiques" en quinze points pour accélérer le déploiement et la commercialisation des voitures autonomes. Parmi les points relevés, il est demandé aux constructeurs de partager avec le ministère des Transports (DoT) les données et les informations sur leurs technologies avant les tests en situation réelle. 

  • Taxis et VTC autonomes

A Singapour, la start-up nuTonomy  a lancé l’expérimentation d’un service gratuit de taxi sans chauffeur. Pour l'occasion elle a équipé 6 véhicules (des Renault ZOE et Mitsubishi i-MIEV). En ligne de mire : le lancement d’un service en 2018. Il n’y a pas de chauffeur à bord, mais un ingénieur pour s’assurer que tout se passe bien. 

Pour sa part, Uber a signé un partenariat avec Volvo. Les deux entreprises vont investir plus de 300 millions de dollars pour développer des voitures complètement autonomes, pouvant rouler y compris sans conducteur, d'ici à 2021. Le géant du VTC a par ailleurs testé fin août un premier véhicule à Pittsburgh, où il a ouvert un centre de recherche.

  • Partenariats dans l’automobile

Après les partenariats entre BMW et Intel ou Mobileye, et entre Volvo et Uber, Delphi a annoncé à son tour un partenariat avec Mobileye pour proposer dès 2019 la conduite autonome de niveau 4 et 5. Les deux industriels s'engagent sur un niveau de performance et de sécurité permettant un déploiement rapide sur les plateformes des constructeurs au niveau mondial. La solution CSLSP (Central Sensing Localization and Planning Plateform) sera présentée en circulation urbaine et sur autoroute lors de la prochaine édition du CES de Las Vegas en janvier 2017. Et elle sera industrialisée deux ans plus tard.

Pour sa part, Ford table sur l’arrivée en 2021 de véhicules totalement autonomes. Des véhicules qui serviront à transporter des gens, comme un taxi ou un VTC, et que l'on pourra héler dans la rue. Pour arriver à développer ces véhicules, qui n'auront donc ni volant, ni pédales, le constructeur américain entend travailler avec des start up. Il a déjà investi dans Velodyne (fabricant de lidars), SAIPS (une société israélienne spécialisée dans la vision artificielle et le machine learning), et dans Civil Maps (cartes en 3D). Ford a aussi un accord avec Nirenberg Neuroscience pour apporter un peu de sensibilité humaine à la voiture.

  • Navettes autonomes

Depuis cet été, les navettes d’Easymile roulent en Finlande dans le quartier Hernesaari à Helsinki. Ces navettes pouvant transporter 9 personnes se mêleront à la circulation automobile, à la vitesse folle de 10 km/h. L’objectif est d’analyser le comportement des passagers, mais aussi celui des autres usagers de la route. Les navettes poursuivront leurs tests jusqu'à l'hiver dans d'autres villes finlandaises, à Espoo et Tampere. Pour sa part, le français Navya propose depuis début septembre un service de transport en navettes autonomes à Lyon, sa ville d’origine, dans le quartier de la Confluence.

  • Les assureurs s'invitent dans le débat

Les assureurs se sont aussi invités cet été au dossier de la voiture autonome. La perspective de voir un jour rouler des voitures sans conducteur ouvre en effet pour cet secteur un champ immense de questions et nécessitera sans doute une évolution du cadre réglementaire et une refonte du métier de l'assurance auto. En France, c'est Allianz qui s'est positionné le premier sur cette thématique. Les Echos du 11 août expliquent que le groupe a lancé une offre spéciale pour les propriétaires de voitures semi-autonomes, dotées d'au moins un système de freinage d'urgence, de parking automatique ou d'un régulateur de vitesse.  Pour Allianz France, il s'agit "d'anticiper et d'encourager cette évolution technologique", expliqie le quoatidien économique. 

Les immatriculations d'hybrides s’effondrent au 1er semestre en entreprise

(Paris, le 7 juillet 2016)

 

L’effondrement des immatriculations hybrides (VP+VU) est spectaculaire au 1er semestre 2016 sur le marché des entreprises. Celles-ci affichent en effet un recul de 8,1 % par rapport à la même période de 2015.

Avec 7 645 immatriculations, les hybrides représentent 1,87 % du marché au premier semestre, contre 2,53 % à la fin de l’année 2015.

Si les hybrides rechargeables restent en progression de 128,5 % sur les six premiers mois de 2016 (avec 1 739 immatriculations), les hybrides non rechargeables accusent quant à elles une baisse de 21,8 % (5 906 immatriculations).

La hausse des hybrides rechargeables peut sembler importante, mais elle est en fait relative dans la mesure où le rythme de progression était de 306,5 % à la fin de l’année 2015 !

Comment expliquer une telle baisse ?

La fiscalité mise en place au 1er janvier 2016 est moins favorable à l’hybride, puisque le bonus accordé aux modèles non rechargeables s'inscrit désormais à 750 € (contre un maximum de 2 000 € auparavant) et celui accordé aux modèles rechargeables chute à 1 000 € (contre 4 000 € auparavant). A noter que les hybrides diesels sont désormais exclus de toute aide de l’Etat.

Les chiffres sur le mix essence/diesel dans les immatriculations des entreprises sont d'ailleurs éloquents. Alors que le diesel représentait 44,05 % des immatriculations hybrides au premier semestre 2015, sa part s’est réduite à 20,95 % au premier semestre 2016 ! Dans le détail, il s'est immatriculé sur la période 6040 hybrides essence contre seulement 1600 hybrides diesel. Les statistiques des prochains mois confirmeront (ou non) cette tendance.

 

 

Hausse des carburants : une mauvaise nouvelle pour les entreprises

(Paris, le 8 juillet 2016)

Rappelez-vous : après avoir culminé à plus de 110 $ début 2014, le baril de brent avait durablement décroché pour passer, début 2016, sous la barre des 30 dollars. Conséquence de cette glissade : la chute des prix des carburants à la pompe, avec à la clef des économies pour les entreprises. Mais cette période de grâce semble sur le point de s’éloigner, puisque le pétrole est reparti à la hausse depuis le mois de janvier, pour atteindre 50 $ au 1er juillet dernier.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre dans les stations-services, avec une hausse du gazole de 13,89 % entre les mois de février et juin 2016, et de 9,09 % du SP 95, sur la même période (*).

Pour les entreprises, à qui la baisse des prix des carburants avait offert une salutaire bouffée d’oxygène, cette hausse se présente comme une nouvelle contrainte, dans un contexte de dégradation du climat des affaires en France au mois de juin 2016. Le poste carburant pèsera, en effet, plus lourd sur le coût de la flotte, et donc sur les charges de l’entreprise.

 « Les variations du prix des carburants sont difficiles à anticiper, regrette Catherine Berthier, responsable des services généraux chez Alfa Laval France. La récente hausse est vraiment subie par les entreprises. De plus, les véhicules électriques et hybrides ne représentent pas encore une véritable alternative dans les flottes, ne serait-ce qu’en matière de coût d’usage ».

Les chefs d’entreprise croisent donc les doigts pour que, contrairement à ce que prévoient les économistes, la remontée du pétrole ne se poursuive pas trop dans les prochains mois.

(*) Progression calculée sur la base des prix moyens mensuels TTC publiés par le Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et de la Mer.

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