A la Une

Voiture autonome: les partenariats s'accélèrent

(Paris, mis à jour le 20 septembre 2016)

L’actualité a été très riche cet été sur le véhicule autonome. L'Observatoire du véhicule d'entreprise a recensé les principales annonces, pour tous ceux qui auraient relâché leur attention pendant cette période, mais que le sujet intéresse.

  • Expérimentation sur route ouverte

Début août, le gouvernement français a publié une ordonnance pour faciliter les expérimentations des véhicules autonomes. C’est une disposition prévue dans l’article 37 de la loi de transition énergétique. Elle vise à « permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite, qu'il s'agisse de voitures particulières, de véhicules de transport de marchandises ou de véhicules de transport de personnes, à des fins expérimentales, dans des conditions assurant la sécurité de tous les usagers [...] ». Même si des dérogations étaient déjà accordées depuis un an, le gouvernement a donc fixé un cadre juridique adéquat. "Cette notion servira de fondation à la construction d'un cadre réglementaire stable", a d'ailleurs précisé le gouvernement.

Aux Etats-Unis, l'administration Obama s'est aussi penchée sur la question de la voiture autonome. Mi-septembre, elle a présenté "un guide de bonnes pratiques" en quinze points pour accélérer le déploiement et la commercialisation des voitures autonomes. Parmi les points relevés, il est demandé aux constructeurs de partager avec le ministère des Transports (DoT) les données et les informations sur leurs technologies avant les tests en situation réelle. 

  • Taxis et VTC autonomes

A Singapour, la start-up nuTonomy  a lancé l’expérimentation d’un service gratuit de taxi sans chauffeur. Pour l'occasion elle a équipé 6 véhicules (des Renault ZOE et Mitsubishi i-MIEV). En ligne de mire : le lancement d’un service en 2018. Il n’y a pas de chauffeur à bord, mais un ingénieur pour s’assurer que tout se passe bien. 

Pour sa part, Uber a signé un partenariat avec Volvo. Les deux entreprises vont investir plus de 300 millions de dollars pour développer des voitures complètement autonomes, pouvant rouler y compris sans conducteur, d'ici à 2021. Le géant du VTC a par ailleurs testé fin août un premier véhicule à Pittsburgh, où il a ouvert un centre de recherche.

  • Partenariats dans l’automobile

Après les partenariats entre BMW et Intel ou Mobileye, et entre Volvo et Uber, Delphi a annoncé à son tour un partenariat avec Mobileye pour proposer dès 2019 la conduite autonome de niveau 4 et 5. Les deux industriels s'engagent sur un niveau de performance et de sécurité permettant un déploiement rapide sur les plateformes des constructeurs au niveau mondial. La solution CSLSP (Central Sensing Localization and Planning Plateform) sera présentée en circulation urbaine et sur autoroute lors de la prochaine édition du CES de Las Vegas en janvier 2017. Et elle sera industrialisée deux ans plus tard.

Pour sa part, Ford table sur l’arrivée en 2021 de véhicules totalement autonomes. Des véhicules qui serviront à transporter des gens, comme un taxi ou un VTC, et que l'on pourra héler dans la rue. Pour arriver à développer ces véhicules, qui n'auront donc ni volant, ni pédales, le constructeur américain entend travailler avec des start up. Il a déjà investi dans Velodyne (fabricant de lidars), SAIPS (une société israélienne spécialisée dans la vision artificielle et le machine learning), et dans Civil Maps (cartes en 3D). Ford a aussi un accord avec Nirenberg Neuroscience pour apporter un peu de sensibilité humaine à la voiture.

  • Navettes autonomes

Depuis cet été, les navettes d’Easymile roulent en Finlande dans le quartier Hernesaari à Helsinki. Ces navettes pouvant transporter 9 personnes se mêleront à la circulation automobile, à la vitesse folle de 10 km/h. L’objectif est d’analyser le comportement des passagers, mais aussi celui des autres usagers de la route. Les navettes poursuivront leurs tests jusqu'à l'hiver dans d'autres villes finlandaises, à Espoo et Tampere. Pour sa part, le français Navya propose depuis début septembre un service de transport en navettes autonomes à Lyon, sa ville d’origine, dans le quartier de la Confluence.

  • Les assureurs s'invitent dans le débat

Les assureurs se sont aussi invités cet été au dossier de la voiture autonome. La perspective de voir un jour rouler des voitures sans conducteur ouvre en effet pour cet secteur un champ immense de questions et nécessitera sans doute une évolution du cadre réglementaire et une refonte du métier de l'assurance auto. En France, c'est Allianz qui s'est positionné le premier sur cette thématique. Les Echos du 11 août expliquent que le groupe a lancé une offre spéciale pour les propriétaires de voitures semi-autonomes, dotées d'au moins un système de freinage d'urgence, de parking automatique ou d'un régulateur de vitesse.  Pour Allianz France, il s'agit "d'anticiper et d'encourager cette évolution technologique", expliqie le quoatidien économique. 

Les immatriculations d'hybrides s’effondrent au 1er semestre en entreprise

(Paris, le 7 juillet 2016)

 

L’effondrement des immatriculations hybrides (VP+VU) est spectaculaire au 1er semestre 2016 sur le marché des entreprises. Celles-ci affichent en effet un recul de 8,1 % par rapport à la même période de 2015.

Avec 7 645 immatriculations, les hybrides représentent 1,87 % du marché au premier semestre, contre 2,53 % à la fin de l’année 2015.

Si les hybrides rechargeables restent en progression de 128,5 % sur les six premiers mois de 2016 (avec 1 739 immatriculations), les hybrides non rechargeables accusent quant à elles une baisse de 21,8 % (5 906 immatriculations).

La hausse des hybrides rechargeables peut sembler importante, mais elle est en fait relative dans la mesure où le rythme de progression était de 306,5 % à la fin de l’année 2015 !

Comment expliquer une telle baisse ?

La fiscalité mise en place au 1er janvier 2016 est moins favorable à l’hybride, puisque le bonus accordé aux modèles non rechargeables s'inscrit désormais à 750 € (contre un maximum de 2 000 € auparavant) et celui accordé aux modèles rechargeables chute à 1 000 € (contre 4 000 € auparavant). A noter que les hybrides diesels sont désormais exclus de toute aide de l’Etat.

Les chiffres sur le mix essence/diesel dans les immatriculations des entreprises sont d'ailleurs éloquents. Alors que le diesel représentait 44,05 % des immatriculations hybrides au premier semestre 2015, sa part s’est réduite à 20,95 % au premier semestre 2016 ! Dans le détail, il s'est immatriculé sur la période 6040 hybrides essence contre seulement 1600 hybrides diesel. Les statistiques des prochains mois confirmeront (ou non) cette tendance.

 

 

Hausse des carburants : une mauvaise nouvelle pour les entreprises

(Paris, le 8 juillet 2016)

Rappelez-vous : après avoir culminé à plus de 110 $ début 2014, le baril de brent avait durablement décroché pour passer, début 2016, sous la barre des 30 dollars. Conséquence de cette glissade : la chute des prix des carburants à la pompe, avec à la clef des économies pour les entreprises. Mais cette période de grâce semble sur le point de s’éloigner, puisque le pétrole est reparti à la hausse depuis le mois de janvier, pour atteindre 50 $ au 1er juillet dernier.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre dans les stations-services, avec une hausse du gazole de 13,89 % entre les mois de février et juin 2016, et de 9,09 % du SP 95, sur la même période (*).

Pour les entreprises, à qui la baisse des prix des carburants avait offert une salutaire bouffée d’oxygène, cette hausse se présente comme une nouvelle contrainte, dans un contexte de dégradation du climat des affaires en France au mois de juin 2016. Le poste carburant pèsera, en effet, plus lourd sur le coût de la flotte, et donc sur les charges de l’entreprise.

 « Les variations du prix des carburants sont difficiles à anticiper, regrette Catherine Berthier, responsable des services généraux chez Alfa Laval France. La récente hausse est vraiment subie par les entreprises. De plus, les véhicules électriques et hybrides ne représentent pas encore une véritable alternative dans les flottes, ne serait-ce qu’en matière de coût d’usage ».

Les chefs d’entreprise croisent donc les doigts pour que, contrairement à ce que prévoient les économistes, la remontée du pétrole ne se poursuive pas trop dans les prochains mois.

(*) Progression calculée sur la base des prix moyens mensuels TTC publiés par le Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et de la Mer.

Les vélos s'invitent dans les entreprises

(Paris, le 23 juin 2016)

Assiste-on à l’avènement du vélo-partage en entreprise à grande échelle?

Une étape a en tout cas été franchie lors du récent Salon des Transports publics, qui se tenait les 14,15 et 16 juin derniers à la porte de Versailles à Paris. Un partenariat entre trois acteurs importants de la mobilité (Public LLD, filiale d’Arval ; Cyclez, spécialiste du vélo-partage et Signature Group) a en effet été signé pour la mise en place d’un système de vélo-partage. Cet accord a vocation à s’appliquer à terme à toutes les filiales d’Arval, dans le cadre d’une offre dite de « mobilité partagée », couplant auto et vélo-partage.

A l’heure où certaines villes veulent restreindre l’accès des automobiles, les offres en vélo-partage ou en LLD peuvent devenir des offres crédibles de déplacements, notamment pour les trajets domicile-travail.

Comme le rappelle à l’Observatoire du véhicule d’entreprise, Charles Poretz, président de Cyclez, « chaque entreprise peut décider des utilisations auxquelles sont destinés les vélos ». Dans les faits, ces derniers sont majoritairement utilisés par les collaborateurs sur des trajets domicile-travail et pour des déplacements inter/intra-sites.

Cependant, comme l’atteste une enquête menée en février dernier par un autre acteur du vélo-partage, Colibree, les collaborateurs ont tendance à diversifier leurs usages. Réalisée auprès des 686 salariés bénéficiant de sa solution de vélo-partage, cette étude indique que de plus en plus de collaborateurs pédalent également lors de leur pause déjeuner ou dans le cadre de leurs déplacements professionnels. Plus de 55 % des personnes interrogées se disaient favorables à une utilisation du vélo pour les trajets gare-lieu de travail.

Plusieurs acteurs se partagent ce marché de niche : Green On, créé en 2009 et soutenu par le groupe Mobivia (Vinci) ; Cyclez, lancé en 2013 ou encore Cyclable Entreprises, né en 2010 et orienté sur une offre de location longue durée de vélos pour les entreprises.

A la différence des services en libre-service type Vélib, ces acteurs de la mobilité proposent des dispositifs complets de gestion de flottes, allant de l’installation des vélos sur les sites, à l’entretien du parc en passant par l’assistance.

En l’espace de quelques années, ils ont réussi à convaincre de grands groupes tels que la SNCF, Bouygues Immobilier, Thales, la Poste ou encore Airbus. Les collectivités territoriales sont également attentives à ces solutions de vélo-partage pour leurs collaborateurs.

Dernier arrivant sur le marché, Colibree, crée en 2014, se limite pour l’instant à la région parisienne. Il compte à son actif une dizaine d’entreprises clientes , pour un total de 12 sites. Selon son président, François Rabasse, met avant tout l’accent sur la « qualité du suivi client », avec une seule offre de VAE (vélo à assistance électrique). Colibree compte prochainement s’étendre hors de l’Ile de France, notamment à Rennes, Strasbourg ou encore Bordeaux.

Le vélo-partage en entreprise peut permettre, selon Charles Poretz de Cyclez, un « changement d’habitude des collaborateurs », à condition toutefois d’une vraie volonté de la part des dirigeants. A ce titre l’obligation pour les entreprises ayant plus de 100 personnes employées sur un même site de déployer un plan mobilité d’ici à 2020, pourrait accélérer le mouvement.

 

Bon à savoir

Plusieurs dispositions fiscales

Le vélo en entreprise a fait son apparition dans les textes officiels, le 17 août 2015, dans le cadre de la Loi sur la transition énergétique. Celle-ci prévoit deux mesures incitant au déploiement des bicyclettes en entreprise :

• pour les employeurs, une réduction fiscale sur l’impôt sur les sociétés pouvant s’élever jusqu’à 25% du coût d’achat des vélos. Cette réduction est réservée à l’achat et non à la location de vélos, a précisé l’administration le 16 juin 2016 dans une réponse à une question écrite de la sénatrice socialiste des Landes, Danielle Michel.

• pour les salariés, une indemnité kilométrique fixée à 0,25 € par kilomètre parcouru entre leur domicile et leur lieu de travail.

 

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