2015 mauvaise année pour la sécurité routière

(Paris, le 3 juin 2016)

Les chiffres définitifs de l’accidentalité routière en France pour 2015 ont été communiqués mi-mai par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Le bilan de l’année n’est pas satisfaisant pour la sécurité routière.

En 2015, 3 461 personnes ont perdu la vie sur les routes de France, soit une hausse de 2,3 % par rapport à 2014 et 77 décès supplémentaires. Après douze années de baisse ininterrompue, c’est la deuxième année consécutive de hausse.

                                                                                                            

L’accidentalité se détériore chez les automobilistes, avec 1796 décès dans un véhicule de tourisme (soit 133 décès de plus qu’en 2014 ou +8%). A l’inverse, les véhicules utilitaires affichent une forte baisse (-16,1%), avec 120 tués, soit 23 vies épargnées par rapport à l’année précédente. Quant à celle des poids lourds, elle reste stable d’une année à l’autre (56 tués).

Ce mauvais résultat est directement lié à une augmentation du non-respect des règles clés touchant à la conduite :

-        Le réflexe ceinture bouclée continue de se dégrader : 21% des automobilistes, 38% des usagers de véhicules utilitaires et 36% des usagers de poids lourds tués l’année dernière ne portaient pas de ceinture de sécurité.

-        La vitesse moyenne augmente : l’ONISR enregistre une augmentation de +4km/heure par rapport à 2012 sur les autoroutes limitées à 130km/heure et de +2 km/heure sur les routes et autoroutes limitées à 110km/heure.  

-        L’alcool et les stupéfiants s’invitent dans la conduite : trois personnes sur dix tuées l’ont été dans un accident impliquant au moins un conducteur ayant un taux d’alcoolémie supérieure à 0,5g/l de sang. C’est deux points de plus que l’année précédente. Autre constat, la présence de stupéfiants a été constatée dans 22,8% des accidents mortels chez au moins un conducteur impliqué.

Par type de réseau routier, la mortalité est en nette augmentation sur les autoroutes (+23,1% et 298 décès). Les routes hors agglomérations enregistrent 2175 décès, en légère hausse (+1,2%). Enfin en agglomération, la mortalité est stable (-0,4%), mais avec une progression de la mortalité automobiliste (+11,6%, soit 29 tués supplémentaires).

En 2015, la route reste la première cause de mortalité des 18-24 ans. Ils représentent 9 % de la population mais 18 % des morts de la route. 619 jeunes ont perdu la vie sur les routes en 2015, 37 de plus qu’en 2014 (+6,4 %).

Les 15-17 ans enregistrent aussi une mortalité routière plus élevée avec 125 décès, ce qui correspond à une hausse de 7,8 %. Globalement les jeunes adultes de 15 à 29 ans sont surreprésentés parmi les victimes de la route puisqu’ils représentent à eux seuls un tiers des blessés graves et des personnes tuées.

À l’autre bout de la pyramide des âges, les seniors enregistrent une forte hausse dans le bilan 2015 avec 831 personnes de plus de 65 ans décédées dans un accident routier, soit une hausse de 7,8%.