A la Une

Les émissions de CO2 repartent à la hausse dans le monde

(Paris, le 7 décembre 2018)

Alors que le débat sur la fiscalité environnementale fait le lit de la contestation des « gilets jaunes » en France, le réchauffement de la planète s’invite de nouveau dans le débat international.

A l’occasion de la COP24, qui ‘est tenue cette semaine à Katovice en Pologne, un rapport du Global Carbon Project a jeté un froid sur la communauté internationale. Après trois ans de quasi-stabilité (2014-2016), les émissions mondiales de CO2 sont en effet reparties à la hausse en 2017 (+1,6 %) et 2018 (de l’ordre de +2,7 %), pour atteindre un niveau historique de 37,1 milliards de tonnes. Cette contreperformance serait essentiellement liée à l’usage intensif du charbon, particulièrement polluant.

Qui sont les fautifs ? Plusieurs pays, dont les consommations de pétrole, de gaz ou de charbon, favorisent ces mauvais résultats. A eux deux, la Chine et les Etats-Unis représentent, par exemple, 42 % des émissions mondiales.

• Premier pollueur de la planète, la Chine (10,3 milliards de tonnes d’émissions), devrait afficher des émissions en hausse de 4,7 %. En 2017, elles étaient déjà en hausse de 1,7 %, en raison de l’usage accru des centrales à charbon, première source d’énergie du pays, et du dynamisme de l’économie.

Les Etats-Unis (5,4 milliards de tonnes) sont, eux aussi, en pleine phase de redémarrage des émissions de gaz à effet de serre. Cette année, une augmentation de 2,5 % est attendue, après une très légère baisse de - 0,5 % en 2017.

• C’est de l’Inde que devrait venir le plus grand péril cette année, avec des émissions de CO2 en forte croissance de 6,5 %. Il est vrai que cette grande nation a relancé sa consommation de charbon…

• Quant à l’Europe, elle est responsable de 10 % des émissions mondiales et devrait enregistrer une baisse minime cette année, autour de - 0,7 %.  

• Et la France dans tout cela ? Elle a repris sa marche en avant, avec des émissions en progression de 2 %, en raison de l’augmentation du parc automobile et du trafic aérien.

Rappelons que pour limiter le réchauffement climatique à l'objectif de 1,5°C fixé par l'Accord de Paris il y a trois ans lors de la COP21, c'est d'une réduction drastique de ces émissions de CO2  dont la planète a besoin, puisqu’il faudrait les diminuer de moitié d'ici 2030 et atteindre un niveau net nul vers 2050 .

 

L'assistant vocal s'invite dans l'habitacle

(Paris, le 4 décembre 2018)

Si les géants du numérique apportent la reconnaissance vocale à bord, grâce au smartphone, les constructeurs développent leur propre assistant.

En seulement quelques années, avec l’arrivée de CarPlay et d’Android Auto, les automobilistes ont pris l’habitude d’utiliser la reconnaissance vocale à bord de leur voiture. Il faut dire que des systèmes comme Siri et celui de Google se montrent généralement plus performants que ceux installés par les constructeurs. L’avantage est aussi d’apporter un pilotage à la voix, même quand le véhicule n’a pas de reconnaissance vocale intégrée.

Après, la stratégie peut différer selon les marques. Par exemple, Ford utilise son système SYNC pour piloter les applications tierces. Et puis, il y a aussi de nouveaux services lancés par des constructeurs. Mercedes a été par exemple le premier à lancer son assistant vocal. Il suffit de dire « Hey Mercedes » pour activer le système. Puis, on lance la commande vocale. On peut par exemple demander quel temps il va faire à Paris ou demander à ouvrir le toit ouvrant panoramique. L’assistant sert aussi à entrer une adresse à la voix dans le GPS ou à envoyer un SMS sans avoir à toucher un écran ou un clavier en roulant. Ce petit génie de poche est proposé à bord de la nouvelle Classe A.

C'est au tour de BMW de préparer l'arrivée d'un tel système, avec la nouvelle Série 3. Il suffira de dire… "Hey BMW" pour activer cet agent personnel. Capable de reconnaître des instructions en langage naturel, il pourra lancer le GPS si on lui dit "ramène-moi à la maison", ou adapter l'ambiance à bord s'il entend "je suis fatigué" ou "j'ai froid". L'assistant va aussi mémoriser les habitudes du conducteur pour anticiper sur ses désirs. A en croire BMW, ce système pourrait même dialoguer avec le conducteur si ce dernier décide d'engager la conversation. Mais, il servira surtout à le prévenir s'il y a un problème (niveau d'huile, pression des pneus). Il pourra aussi lui lire les e-mails et l'aider à se connecter à des conférences en ligne en mode vocal. La marque munichoise précise que son assistant vocal est compatible avec d'autres agents intelligents, comme la technologie Alexa d'Amazon par exemple. Il fonctionnera donc aussi à la maison, sur un haut-parleur, ainsi que sur un smartphone. L’assistant vocal arrivera aussi en mars 2019 à bord des X5, Z4 et Série 8 dans le cadre d'une mise à jour en ligne.

La bonne nouvelle, c’est que les Français ne sont pas en retard. Le Groupe PSA a signé un partenariat stratégique avec Soundhound, une start-up de la Silicon Valley spécialisée dans les technologies d’intelligence artificielle et de reconnaissance vocale en langage naturel. Sa solution sera déployée à bord de la prochaine génération des véhicules du Groupe (Citroën, DS, Opel, Peugeot) à partir de 2020. Une seule commande vocale pourra permettre de régler à la fois, la température, la ventilation et l’orientation de la climatisation. Si l’on en croit les observateurs, ce serait au passage la reconnaissance vocale la plus rapide au monde. Ceci explique sans doute pourquoi Hyundai a choisi également la jeune pousse californienne. Le fait est que l’assistant personnel deviendra sans doute incontournable. Il pourra en effet trouver un restaurant répondant à plusieurs critères (ex. ouvert le dimanche en soirée), activer des fonctions de la voiture ou encore lancer les services connectés. Demain on parlera peut-être à nos voitures comme si on s'adressait à une assistante.

La Tesla Model 3 arrive en France

(Paris, le 20 novembre 2018)

La marque californienne semble avoir résolu ses problèmes de production et de livraison. Les premiers exemplaires de la Model 3 sont désormais visibles dans les succursales en France, mais uniquement en statique.

Qu’on adhère ou non à la marque et à son fantasque PDG, lequel a perdu de sa superbe depuis l’accord passé avec la SEC (le gendarme de la bourse américaine) qui lui a valu de passer le volant à une nouvelle dirigeante, l’australienne Robyn Denholm, le fait est que la Model 3 suscite de l’enthousiasme. Il suffisait de se rendre sur le stand de Tesla, au dernier Mondial de l’Auto, pour voir de nombreux fans – et des clients – se presser autour de cette berline compacte.

Il est désormais temps pour cette auto de se montrer un peu partout en France. Sans surprise, c’est à Paris qu’on peut la voir en priorité. Depuis le 14 novembre, et jusqu’au 29, au show-room de la Madeleine. Elle est aussi visible à Lyon jusqu’au 3 décembre. Elle gagnera ensuite la banlieue parisienne (Vélizy du 1er au 15 décembre, Chambourcy au siège du 5 au 12 décembre, Parly 2 du 13 au 31 décembre) et le reste de la France (Aix-en-Provence du 8 au 15 décembre, Bordeaux-Mérignac du 8 au 22 décembre, Cagnes-sur-Mer du 17 au 22 décembre, Nantes du 22 au 31 décembre).

Pour ceux qui n’ont pas pu se rendre au Mondial, ce sera enfin l’occasion de voir de près et de toucher ce modèle, qui se distingue par son toit en verre panoramique, son intérieur premium et son écran tactile de 15 pouces. Toutefois, la marque précise bien qu’il ne sera pas possible de faire des essais routiers. Et ce, même pour les détenteurs d’une réservation de Model 3, qui bénéficieront pourtant d’un accès prioritaire.

A ce jour, Tesla évoque des livraisons en 2019 (plutôt sur le premier trimestre) et ne communique toujours pas de prix en euros. Mais au moins, il n’est plus nécessaire de se rendre aux Etats-Unis ou dans des salons pour voir le véhicule électrique le plus attendu du moment….

BMW voit son avenir en mode électrique

(Paris, le 12 novembre 2018)

La marque allemande a bâti sa réputation sur la sportivité de ses modèles et l’excellence de ses moteurs. Aujourd’hui, elle met les moyens pour entrer de plain-pied dans l’électrification.

En ce moment, BMW communique beaucoup sur l’i3, dont la nouvelle batterie de 42,2 kWh autorise une autonomie de 360 km (selon le cycle NEDC corrélé). Un rayon d’action confortable qui a conduit la marque à supprimer le prolongateur d’autonomie. Et elle se montre très optimiste pour la suite, car la future i4 qui devrait sortir en 2020, est annoncée avec une autonomie comprise entre 600 et 700 km.

Parti en même temps que Renault sur la voiture électrique, le constructeur allemand n’a pas suivi le même chemin. Il a d’abord testé une Mini électrique avant d’investir dans les composants puis de lancer une citadine électrique, apparue d’ailleurs au même moment que la ZOE. Ces deux modèles résistent d’ailleurs bien au temps, puisqu’ils figurent toujours au catalogue des deux marques. La stratégie a consisté ensuite à proposer des services autour de la mobilité électrique, avec notamment une carte permettant de se recharger partout.

Mais, BMW veut passer à la vitesse supérieure. Rien qu'en 2018, les dépenses de R&D représentent 7 % du chiffre d'affaires, contre 6,2 % en 2017. La firme de Munich, qui a vendu à ce jour quelque 300 000 véhicules électrifiés (en comptant les hybrides rechargeables, qui font le gros du chiffre), va atteindre la barre du demi-million d’ici la fin 2019 et compte mettre encore moins de temps avant de passer le cap symbolique du million d’exemplaires avec une batterie rechargeable. Il faut dire que le plan produit est ambitieux : la gamme sera portée à 9 modèles hybrides rechargeables en 2019 (avec l'arrivée du nouveau X5 plug in). En tout, il y aura 25 modèles électrifiés en 2025, dont 12 électriques avec la Mini Electric, la iNext et la i4.

Comme d’autres constructeurs, BMW achète des cellules (en l’occurrence à Samsung) et assemble ses propres packs de batteries. Il va aussi travailler avec le chinois CATL, qui a installé une usine en Allemagne, et auprès de qui le constructeur allemand va acheter des cellules pour 4 milliards d’euros afin d’équiper la iNext, en 2021. La différence, c’est que le groupe a décidé d’investir 200 millions d’euros dans un centre de compétences qui va lui permettre d’approfondir ses connaissances dans les cellules et de pouvoir en conséquence dicter ses propres spécifications. En outre, BMW travaille sur des cellules renouvelables qui vont permettre d’améliorer à terme le recyclage. La marque prépare aussi un moteur électrique de cinquième génération, qui pourra se passer de terres rares. 

Pour le groupe, l'enjeu n'est pas tellement l'autonomie mais la facilité avec laquelle on recharge. C'est la raison pour laquelle il propose depuis un certain temps le service ChargeNow (que PSA a adopté). Il donne accès à 89 000 points de charge dans 31 pays du monde, essentiellement en Europe (dont 9 000 en France). La firme à l’hélice est aussi impliquée dans la société Ionity, qui a pour ambition de déployer 400 bornes de recharge ultra-rapides (jusqu’à 350 kW) d’ici 2020.

En attendant la massification de la voiture électrique, le groupe n’oublie pas les hybrides rechargeables. Il lance actuellement une plaque de recharge par induction, permettant de se passer de câbles. Sophistiqué (il est relié en wi-fi avec la voiture pour la guider avec précision), le système permet de refaire le plein en 3h30. Il pourrait même s’avérer compatible à terme avec des modèles d’autres marques.

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